Désinfection - Désinsectisation - Dératisation

Service de dératisation et désinsectisation (38)

Les insectes

Les blattes.

Aussi appelés cafards, les blattes inspirent dégoût et répulsion. Elles souillent de salive et d’excréments la nourriture qu’elles visitent. Elles produisent également des sécrétions à l’odeur désagréable.

Les blattes sont des insectes ailés (dictyoptères) au corps aplati. Leurs antennes sont longues et minces et leurs pattes épineuses. Il en existe plusieurs milliers d’espèces dans le monde. La plupart de ces espèces vivent dans la nature (ex : La blatte LAPONE ) où elles n’occasionnent aucun désagrément pour l’homme.

D’autres, se sont développés dans nos maisons, où elles y retrouvent la chaleur et l’humidité de leur habitat d’origine.

  Quatre espèces peuvent envahir les habitations :

  • La blatte germanique : l’adulte mesure environ 1 cm de long, de couleur jaune paille à brun clair, elle présente deux bandes longitudinales noires sur le thorax et ne vole que très rarement. Elle dégage une odeur désagréable et coure très vite.
  • La blatte américaine, longue de 3 à 4,5 cm, est de couleur brun roux. Elle ressemble à la blatte germanique, mais est dite “rayée” car elle possède deux bandes transversales jaunes sur le dos. Elle vole facilement et aime la chaleur mais supporte les atmosphères plus sèches. Elle craint moins la lumière que les autres espèces et peut se déplacer le jour.
  • La blatte orientale mesure de 2 à 3 cm de long. Elle est brun foncé ou noir bleu. Cette espèce s’épanouit à des températures plus basses, et se rencontrera donc dans des endroits plus frais : caves, soubassements, égouts, tuyaux d’évacuation, éviers, W.C...

Habitat :

Les blattes affectionnent les endroits chauds et humides : surtout les cuisines (derrière le four)

et les salles de bains (tuyaux d’eau chaude).

Les blattes sont omnivores et choisissent des lieux riches en denrées alimentaires.

Elles se nourrissent aussi de cadavres d’animaux et d’excréments.

Les blattes sont actives la nuit et fuient la lumière. On peut les voir de jour si elles sont dérangées ou que leur nombre est devenu trop élevé et qu’elles ne trouvent plus assez d’endroits sombres où se cacher.

Nuisances :

Bien qu’il n’ait pas été formellement prouvé que les blattes soient impliquées dans la transmission de pathogènes humains, il est certain qu’elles peuvent potentiellement transmettre “passivement” de nombreuses maladies (bactéries, moisissures, acariens....), en visitant les aliments. En effet, les blattes peuvent transporter quatre lignées du virus de la poliomyélite, en plus de quarante espèces de bactéries pathogènes et en particulier des salmonelles.

La blatte germanique est connue en France comme un allergène majeur de la poussière de maison. Ce sont les débris du corps de l’insecte, en pénétrant dans les voies respiratoires, qui peuvent provoquer des troubles chez les personnes allergiques.

Principaux germes pathogenes que peuvent vehiculer les blattes

(Extrait du Guide pratique de l'applicateur - Gilles Prisse - Editions PC Media)

 GERMES    MALADIES
BACTERIESSalmonella    Fièvre thyphoïde, gastro-entérite

Staphyllococcus 

Infection des plaies, abcès
Escherichia Coli    Infections intestinales et. urogénitales
Pseudomonas    Infection des plaies et des organes urogénitaux
Paracolobactrum    Gastro-entérites
Shigella    Diarrhée, dysenterie

Mycobacterium Tuberculosis

Tuberculose

Pasteurella Pestis

Peste bubonique

 

VIRUS

Plusieurs types de polyvirus

Poliomyélites
PROTOZOAIRE

Entamoebia Histolytica

Dysenterie amibienne

OEUFS DES VERS
PARASITES 
AscarisAscaris
OxyspiruraOxyures
TaeniaTénias
AncylostomaAnkylostomes

 

Les punaises de lit

1 - Présentation des espèces de punaises.

Les punaises appartiennent à l'ordre des hémiptères, insectes qui se caractérisent par un rostre, organe piqueur constitué d'un étui cylindrique, à l'intérieur duquel coulissent les stylets.

Ce sont des animaux à cycle incomplet de métamorphose. Dans l'ordre des hémiptères on distingue différents sous-ordres, dont celui des hétéroptères dites punaises à demi-ailes, incapables de voler.

Les familles appartenant à ce sous-ordre concernent diverses variétés de punaises rampantes, dont la punaise des lits qui est la plus inféodée à l'homme.

Diverses variétés d'hétéroptères prennent pour hôte des oiseaux, dont elles occupent le nid :

  • Punaise des hirondelles ou punaise Martin (Oeciacus hirundinis)
  • Punaise des pigeons (Cimex columbarlus)

Une variété (Cimexpipistrelli) habite les greniers fréquentés par les chauves-souris.

La majorité des hétéroptères vivent dans la nature, suçant la sève des plantes ou chassant les pucerons, acariens, chenilles et divers petits arthropodes.

  • punaise des peupliers (Anthocoris nemorum de la famille des anthocoridés)
  • punaise des conifères

Les diverses espèces de la famille des cimidés (dénomination Cîmex), considérées comme aptères, possèdent en fait des ailes antérieures très courtes et des ailes postérieures totalement atrophiées. Elles sont toutes hématophages.

  La majorité des hétéroptères vivent dans la nature, suçant la sève des plantes ou chassant les pucerons, acariens, chenilles et divers petits arthropodes.

  •    punaise des peupliers (Anthocoris nemorum de la famille des anthocoridés)
  • punaise des conifères

  Les diverses espèces de la famille des cimidés (dénomination Cîmex), considérées comme aptères, possèdent en fait des ailes antérieures très courtes et des ailes postérieures totalement atrophiées. Elles sont toutes hématophages.

2 - La punaise des lits (Cimex lectularius).

Punaise hétéroptèreptère, dite punaise vraie, qui appartient à la famille des cimicidés.

Physiologie :

Elle mesure de 5 à 8 mm, est de couleur brun rouge et peut être considérée comme aptère.

Habitat :

Originaire d'Asie, elle est arrivée dans nos contrées via les pays chauds et recherche toujours les ambiances chaudes et sèches. Hors ses périodes de recherche de nourriture, elle peut stationner durant de longues périodes dans des endroits chauds et tranquilles, à proximité des lits, fentes et cavités des boiseries, jointures des literies, dessous des tapis, envers des tableaux, espaces libres derrière les papiers peints...

Nourriture :

Elle se nourrit du sang de tous les animaux à sang chaud, avec l'homme pour hôte préférentiel (les autres variétés de punaises hématophages pénétrant occasionnellement l'habitat, peuvent prendre l'homme pour hôte). Elle peut avaler 7 fois son poids de sang. La mue d'une larve ou une ponte de femelle doit être précédée d'un repas. Elle peut rester plusieurs mois sans manger. Sans présenter d'organe détecteur très sensible, elle peut détecter la température du corps des animaux à sang chaud à une dizaine de cm de distance, du fait des rayonnements infrarouges dégagés.

Origine des infestations :

Les infestations se produisent lors du déménagement de meubles, livres, literies . . . Leur capacité à survivre sans manger durant plusieurs mois, augmente leurs chances de survie et donc leur capacité à migrer bien qu'il ne s'agisse pas d'insectes volants. Ceci explique leur omniprésence.

Dans les climats tempérés, le pic d'infestation se situe à l'automne, car l'espèce hiverne sous la forme adulte. Dans les climats chauds, le pic d’infestation apparaît dès le printemps.

Croissance :

Une fois rassasiée de sang, la femelle retourne digérer dans un abri, s'accouple et pond des œufs. Les caractéristiques de ponte sont extrêmement liées aux conditions extérieures et nutritionnelles. On retiendra les chiffres moyens suivants : ponte en continu de 150 à 350 œufs, à raison de 3 œufs par jour durant toute la vie de la femelle. Les larves subissent 5 mues.

La durée d'incubation des œufs est de 10 à 20 jours. Le cycle de métamorphose dure de 9 à 18 semaines de la ponte de l'œuf à l'imago. L’adulte a une durée de vie de 9 à 18 semaines.

3 - Nuisances des punaises

La punaise n'est pas considérée comme un vecteur direct de maladies, mais elle inflige des piqûres qui peuvent provoquer des irritations, des allergies, voire des états de malaise. Elle perturbe notablement le sommeil des vieillards et des enfants, pouvant aller jusqu'à leur déclencher des crises. Les punaises des hirondelles, des pigeons et des chauves- souris, au contact des hommes peuvent les piquer lorsqu'elles sont affamées.

Les punaises du peuplier ou des conifères peuvent accidentellement pénétrer l'habitat, accrochées à nos vêtements, à des branchages, à des bouquets.

Lorsqu'elles nichent sur des végétaux situés en proximité de bâtiments, les adultes peuvent y hiverner :

  • à proximité, sous l'écorce des arbres, sous les dalles des sentiers....
  • dans le bâtiment même, dans les isolations thermiques des bardages, dans des anfractuosités de la façade...

Aux premiers beaux jours, les punaises agricoles s'éveillent et visitent les extérieurs durant la journée regagnant leur gîte la nuit. Courant avril début mai, les températures extérieures se stabilisant, la punaise agricole s'éloigne définitivement des bâtiments et entame son cycle de reproduction qui comprendra plusieurs générations jusqu'en octobre/novembre.

Extrait du Guide pratique de l'applicateur - Gilles Prisse - Edition PC Media

Les fourmis

Les fourmis sont des insectes appartenant à l'ordre des Hyménoptères (ailes membraneuses). Leur corps présente trois parties distinctes : la tête, munie d'antennes coudées, le thorax et l'abdomen.

Suivant l'espèce, la couleur est jaune, rougeâtre, brune ou noire.

Environ 15 000 espèces sont répertoriées dans le monde. En France, quelques 180 espèces ont pu être identifiées, mais trois se retrouvent principalement à l’intérieur des habitations :

  • La fourmi pharaon (Monomorium pharaonis), qui vit exclusivement dans les bâtiments chauffés et qui, grâce à sa petite taille, niche souvent dans les fissures des murs, derrière les boiseries. De couleur très pâle, elle mesure de 1,5 à 2 mm.
  • La fourmi noire des jardins (Lasius niger) mesure de 3 à 4 mm.
  • La fourmi jaune des prés (Lasius flavus) mesure de 2 à 5 mm et est rarement observée dans les maisons.

Habitat :

Les fourmis sont des insectes sociaux qui vivent en grandes colonies, le plus souvent à l’extérieur. Selon l’espèce, la colonie compte une ou plusieurs reines, les mâles, des ouvrières et parfois des soldats. Les mâles meurent rapidement après l'accouplement. Les reines fécondées gardent une provision de sperme pour toute la vie et cherchent, après l'accouplement, un endroit où fonder une nouvelle colonie et pondre leurs œufs. Les ouvrières construisent, entretiennent et défendent le nid ; elles s’occupent des larves et partent à la recherche de nourriture.

Les fourmis pénètrent dans les habitations seulement pour aller chercher de la nourriture…

Les fourmis adorent tout ce qui est sucré.

Nuisances :

Depuis les jardins, les fourmis entrent à l’intérieur des bâtiments par les gaines techniques, les vide-ordures, et d’une manière générale par toutes les fissures ou fentes. Une fois à l’intérieur, leurs allers et venues permanentes en quête de nourriture peuvent rapidement devenir désagréables.

Les lépismes

Le lépisme argenté (Lepisma saccharina) ou “poisson d’argent” est un insecte nuisible qui habite nos maisons. De mœurs nocturnes, il se rencontre souvent dans les greniers, au sous-sol, dans la salle de bains ou dans les interstices à l’intérieur des murs et sous les planchers.

Ce petit insecte sans ailes possède un corps effilé, aplati et recouvert d'écailles argentées. La tête porte de longues antennes fines, et trois appendices sont visibles à l'extrémité postérieure de son corps. Le lépisme vit très longtemps et peut se déplacer avec une extrême rapidité sur les surfaces planes.

Habitat :

Originaire des tropiques, il se retrouve aujourd’hui jusqu'aux pays tempérés, et apprécie toujours les endroits chauds et humides.

Il se nourrit de miettes, de cadavres d'insectes, d'amidon, de colle et de divers articles en papier.

Tous les espaces sombres et humides sont particulièrement appréciés des lépismes : tels que les espaces derrière vos appareils électroménagers ou la robinetterie qui fuie légèrement et sur laquelle se forme de la condensation.

Nuisances :

Même s’il ne commet pas de gros dégâts, le poisson d’argent reste nuisible à l’homme car il se nourrit de papier, de coton ou de tissus synthétiques.

Les puces

Les puces sont des insectes appartenant à l'ordre des siphonaptères. Les adultes mesurent de 1 à 8 millimètres et sont de couleur brune. Dépourvues d'ailes, les puces possèdent un corps comprimé latéralement avec des pattes très développées, adaptées au saut. Les œufs mesurent environ 0,5 mm de longueur ; ils sont de couleur blanchâtre.

Ce sont des parasites, suceurs de sang, qui vivent sur le corps de nombreuses espèces animales, dont l'homme.

Dans les habitations, les chats et les chiens sont les hôtes primaires des puces mais, en l'absence d'animaux de compagnie, les humains peuvent souvent devenir des hôtes secondaires.

Quelques 2.000 espèces sont connues dans le monde. En France, nous posent surtout problème :

  • La puce du chien, Ctenocephalides canis, pouvant infester les chiens et les chats.
  • La puce du chat, Ctenocephalides felis, la plus commune car elle peut infester les chats, les chiens et l'homme.
  • NB : La puce de l'homme (Pulex irritans) est heureusement devenue extrêmement rare dans notre pays.

Habitat :

La puce adulte pond soit sur l'animal, soit en dehors. Les œufs pondus sur l'animal n'y restent pas et tombent lorsque ce dernier se gratte. Si toutes les conditions favorables sont réunies, la femelle peut pondre jusqu'à 25 œufs par jour, pour un total d'environ 800 œufs pendant toute la durée de sa vie.

Dans ces mêmes conditions, une puce parvient au stade adulte (œuf, larve, nymphe, et adulte) en deux à trois semaines, dans le cas contraire, son développement peut prendre plusieurs mois.

Les adultes quittent généralement leur hôte après s'être nourris, tandis que les œufs, les larves, ou les nymphes peuvent demeurer sur les animaux de compagnie.

Les endroits chauds et humides favorisent le développement des puces.

Les œufs sont pondus dans des endroits abrités, fourrures, plumes, litières, où les larves trouveront refuge.

Nuisances :

Les piqûres provoquent des démangeaisons, chez l'animal comme chez l'homme. La salive de la puce, sécrétée à chaque piqûre, peut parfois entraîner de l'allergie immédiate ou retardée. Cette réaction se traduit par diverses lésions cutanées et chatouillements.

Les piqûres peuvent transmettre des agents pathogènes de maladies (peste, typhus murin, tularémie, staphylocoques…).

La mouche

Les mouches appartiennent à l'ordre des diptères, insectes à cycle complet de métamorphose. Il en existe de nombreuses espèces.

1 - La mouche domestique

(Musca domestica)

Physiologie

Espèce la plus fréquente sous nos latitudes, et la plus rencontrée dans les habitations, elle est devenue commensale de l'homme. Les adultes mesurent 6 mm de long et ont 12 mm d'envergure. Le thorax gris présente 4 nervures longitudinales foncées. L'abdomen présente une première moitié couleur chamois, parfois transparente sur les côtés, avec nervure centrale foncée, s'élargissant pour couvrir les derniers segments. Au repos, les ailes restent déployées.

Reproduction et croissance

Dans les climats chauds, la mouche domestique reste active et se reproduit toute l'année. Jusqu'à 12 générations peuvent éclore en une saison, parfois plus en climat tropical. Dans les régions froides, les naissances s'interrompent en hiver. Les imagos hivernent dans des recoins calmes et plutôt frais, les pupes peuvent se mettre en diapause jusqu'au printemps. La femelle pond de 900 à 1000 oeufs en 4 à 5 fois. Les larves, appelées asticots, sont pondues et vivent dans le fumier, les déchets alimentaires, les ordures ménagères, toutes matières organiques en décomposition dont elles se nourrissent. Dans ces milieux, le phénomène de fermentation dégage une chaleur qui favorise l'incubation de l'oeuf et le développement de la larve (température idéale 45 à 50°C). Les asticots qui craignent la lumière y restent profondément enfouis, y accomplissant 3 mues. Dans des conditions favorables (30°C et plus de 75% de taux d'hygrométrie), le cycle de développement ne prend que 7 jours (10 en moyenne) et la durée d'incubation est de 8 à 48 heures, selon les conditions extérieures.

La mouche vit quelques semaines (1 à 2 mois au plus) sauf lorsqu'elle est amenée à hiverner.

Habitat

Elle présente un rayon d'action impressionnant, jusqu'à 8 km, ses lieux de prédilection sont, outre le milieu rural, les habitations, les locaux éclairés, les poubelles, les dépôts d'ordures, les égouts, les fosses septiques, les marchés. Elle aime la chaleur, le soleil et l'humidité et déteste le vent. Par grand vent elle se pose dans un recoin abrité et vole fréquemment autour des points d'éclairage, portes, fenêtres et baies vitrées.

Nuisances

La mouche domestique importune animaux et personnes, non seulement dans les maisons et étables, mais aussi dans les maisons de retraite, les crèches, les hôpitaux. Elle peut provoquer des infestations majeures très perturbatrices autour des élevages, des décharges.

Quelques minuscules invertébrés (acariens, pseudoscorpions...) peuvent s'accrocher à ses poils et être véhiculés, mais sans risques de s'implanter dans notre habitat car, trop inféodés à leur milieu d'origine, ils cherchent à y retourner (sauf bien sûr, s'ils rencontrent un terrain favorable, d'où l'importance de l'hygiène).

La mouche domestique peut transmettre des vers intestinaux ou leurs oeufs, et des maladies graves (dysenterie, choléra, typhoïde, gastro-entérite, tuberculose).

Elle se pose sur nos aliments après avoir été en contact avec les moisissures et matières en décomposition. Elle liquéfie sa nourriture en régurgitant des sucs digestifs et le contenu de son estomac sur la substance alimentaire, puis aspire ce liquide par son appareil buccal suceur. Elle peut ainsi nous transmettre ses endogermes.

La transmission de germes pathogènes peut également s'effectuer par ses déjections.

2 - La petite mouche domestique

(Fannia canicularis)

L'adulte a 4 à 6 mm de long, 12 mm d'envergure et ressemble beaucoup à la mouche domestique. Les oeufs sont pondus sur des matières en putréfaction très humides (fumiers frais, ordures très liquides....) et dans les siphons d'évier, de toilettes et douches. On la trouve fréquemment dans les élevages de volailles, les chenils, au nid de petits mammifères. Dans les climats chauds, elle reste active et se reproduit toute l'année. Dans les pays tempérés, elle passe essentiellement l'hiver à l'état de pupe, quelques adultes hivernant dans l'habitat.

Son vol est plus erratique que celui de la mouche domestique, elle passe plus de temps en vol, et moins au repos. Les femelles ont tendance à demeurer à proximité des lieux de développement, seul le mâle migre.

C'est pourquoi, même si ses habitudes alimentaires sont les mêmes que celles de la mouche domestique, elle est moins susceptible de transmettre des pathologies à l'homme.

3 - La mouche de terme ou mouche d'automne

(Musca automnalis)

Très proche parente de la mouche domestique, elle vit 2 mois, accomplissant son cycle en 21 jours (de l'oeuf fraîchement pondu à l'apparition de l'imago). Elle dépose ses oeufs sur les bouses de vache, les excréments et le fumier. Les imagos vivent avec le bétail aux prés et ne pénètrent les habitations qu'en automne pour y passer l'hiver dans des endroits frais (dépendances, combles, pièces vides...).  Elle se met alors à l'abri dans des recoins et fissures et hiverne, engourdie. Elle reprend son activité au printemps, voire en plein hiver si l'endroit est réchauffé.

4 - La mouche des greniers

(Pollenia rudis)

Longue de 6 à 10 mm, elle est trapue, grisâtre et ressemble à une grosse mouche domestique qui présenterait une pilosité jaune sur le thorax. Elle peut former des attroupements de plusieurs milliers d'individus autour des points d'éclairage.

Les adultes se nourrissent du nectar des fleurs, et ne recherchent pas de denrées alimentaires dans les maisons.

Elles regagnent nos habitats à la fin de l'automne pour hiverner. On les repère d'abord exposées au soleil sur les murs, en groupe. A l'approche de l'hiver, toujours regroupées, elles gagnent des endroits frais, dépendances, combles et greniers, qu'elles fréquentent alors de manière intermittente, ressortant pendant les heures ensoleillées. En cas de redoux (dans une maison secondaire chauffée pour les congés d'hiver par exemple), elles auront tendance à ressortir et se comportent alors comme en automne. Elles sont très attachées à un site.

La femelle pond ses œufs sur le sol, dans les tortillons rejetés par les lombrics, et les larves pénètrent les vers de terre à l'intérieur desquels elles vivent en parasite.

5 - La mouche charbonneuse ou mouche des étables

Stomoxe (Stomoxis calcitrans)

Elle est hématophage et se nourrit du sang des bovins, porcs et lapins auxquels elle peut inoculer des germes, dont celui du charbon, et peut s'attaquer à d'autres animaux à sang chaud dont l'homme. Elle fréquente essentiellement les étables, porcheries et clapiers et trouve dans un proche voisinage les tas de fumier où elle dépose ses œufs.

6 - La mouche bleue de la viande

(Galliphora erythrocephala)

Très grosse mouche vivant sur des charognes, pouvant également se nourrir d'aliments tels que les viandes et fromages.

7 - La mouche grise de la viande ou mouche à damier

(Sarcophaga carnaria)

Grosse mouche de 7 à 16 mm qui pond ses œufs sur des charognes à l'intérieur des maisons ou en industries (abattoirs). Aujourd'hui rare, du fait des mesures d'hygiène et de protection.
Les mouches de l'asperge, de la carotte, de la cerise, du chou, des crucifères, des fruits, des narcisses, déposent leurs œufs sur cet hôte dont la larve se nourrit exclusivement.
La mouche du vinaigre (Drosophila funebris) de la famille des drosophiles, mesure 2 mm, est de couleur brun jaune et se nourrit de toute nourriture à l'intérieur des maisons, dont les sauces piquantes, fruits avariés, résidus d'huile, de vin et de vinaigre dans des conditions favorables, elle peut boucler son cycle de vie en 10 jours.
La mouche du fromage (Phiophila case), ne dépose ses oeufs que dans des fromages, la nourriture des larves étant très inféodée à la caséine (substance protéique du lait des mammifères). Elle se fait rare du fait des mesures de protection et d'hygiène, ménagère (réfrigérateur) ou industrielle (crémeries, fromageries...).

On rencontre fréquemment diverses espèces de moucherons :

1. de la famille des mycétophilidés vivant sur les champignons,
2. de la famille des sciaridés que l'on trouve dans la terre des pots de fleurs.

Certains insectes non diptères reçoivent aussi le nom de mouche, ainsi la mouche aux yeux d'or, insecte névroptère attiré dans les maisons par la lumière.

Extrait du Guide pratique de l'applicateur - Gilles Prisse - Editions PC Media

Les chenilles processionnaires

La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), est un insecte de l'ordre des lépidoptères, de la famille des notodontidaes, sous-famille des thaumetopoeinaes.

Les larves sont connues pour leur mode de déplacement en file indienne, se nourrissent des aiguilles de diverses espèces de pins, provoquant un affaiblissement important des arbres.

L'insecte adulte est un papillon de 35 à 40 mm d'envergure, aux antennes pectinées.

Les ailes antérieures sont grises, avec deux bandes foncées parallèles chez le mâle, les postérieures blanches marquées d'une tache sombre à l'extrémité postérieure.

La larve est une chenille de quelques millimètres (stade L1) à 40 mm de long (stade 4 ou 5), brun noirâtre avec des taches rougeâtres sur le dessus et les flancs. Sa face ventrale est jaune, le corps est fortement velu et couvert de poils urticants et allergisants. Les prédateurs à ce stade sont principalement la mésange et quelques oiseaux insectivores, non sensibles aux poils urticants. Les chenilles marchent en procession de manière curieusement saccadée.

Biologie : Nid de processionnaires

Les papillons, qui éclosent durant l'été, entre juin et septembre selon le climat, pondent leurs œufs déposés en rangées parallèles, par paquets de 150 à 220 sur les rameaux ou les aiguilles de diverses espèces de pin, mais aussi sur les sapins et cèdres en second choix. L'éclosion a lieu cinq à six semaines après la ponte.

Elle donne naissance à des chenilles qui muent cinq fois, à des dates variant selon la latitude, l'altitude et la température. Plus on monte vers le nord et en altitude, plus la larve se développe lentement, en abrégeant la diapause nymphale.

En hiver, les chenilles tissent un nid soyeux dans lequel elles passeront la journée pour profiter des rayons du soleil. Elles en sortent la nuit pour s'alimenter, se déplaçant en « procession ». La cohésion de la file en déplacement est assurée par le contact tactile de soie à soie.

Au printemps, la colonie, conduite généralement par une femelle, quitte le nid, toujours en procession pour gagner au sol un endroit bien ensoleillé et s'enfouir dans un trou où chacune des chenilles va tisser son cocon, pour démarrer son processus de transformation en chrysalide.

Au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années, les chrysalides sont transformées en papillons qui sortent de terre. Le cycle peut alors reprendre par accouplement de la femelle et du mâle qui meurt un ou deux jours après, alors que la femelle s'envole vers une branche pour pondre jusqu'à 220 œufs avant de mourir aussi. Les petites chenilles éclosent 30 à 45 jours après la ponte.

Dégâts

Les chenilles se nourrissent des aiguilles des pins, entraînant une défoliation de l'arbre et en cas d'infestation massive, un affaiblissement important des arbres ouvrant la voie à d'autres ravageurs et parasites.

Les espèces attaquées sont le pin d'Alep, le pin maritime, le pin noir d'Autriche, le pin blanc, le pin laricio et le pin sylvestre. Le cèdre est également parasité.

Un animal dangereux

Si leurs longs poils (soies) sont inoffensifs, ces chenilles projettent dans l'air de minuscules poils très urticants, à partir du 3ème stade larvaire.

Leur fort caractère urticant peut provoquer d'importantes réactions allergiques : démangeaisons, œdèmes (au niveau des mains, du cou, du visage), mais aussi des troubles oculaires ou respiratoires (asthme). Les atteintes de l'œil peuvent avoir des conséquences graves, si les poils ne sont pas rapidement retirés.

Il est dangereux de manipuler un nid même vide.

 Le danger est particulièrement important pour les animaux domestiques : un chien atteint à la langue (qu'il peut avoir utilisé pour lécher les démangeaisons sur son corps), s'il n'est pas traité rapidement par des fortes doses de cortisone, risque la nécrose de la langue. Empêché par conséquent de se nourrir, il doit être euthanasié. Le plus important est d'avoir le réflexe de rincer la langue et la cavité buccale à l'aide d'eau et de ne surtout pas frotter, ce qui pourrait alors briser des poils urticants et libérer ainsi plus de toxines, aggravant le pronostic.

La présence de rongeurs constitue une gêne non négligeable :

En colonisant depuis des millénaires les habitations humaines, le rat a été à l’origine de multiples dégâts tant au point de vue économique qu’épidémique. Il reste qu’une certaine phobie s’est développée envers ces animaux qui n’est pas complètement dénuée de fondement, en effet :

  • Les rongeurs causent de nombreuses dépréciations aux matériels et aux aliments qu’ils consomment et souillent.
  • Les rongeurs ont de nombreuses maladies pour vecteur : peste, leptospirose…

La solution qui vient naturellement à l’esprit est de les éliminer et d’empêcher qu’ils réapparaissent, car les cas de « symbiose » avec l’homme sont rares.

La connaissance de la biologie des rongeurs, des matières actives et des techniques d’application constituent la base indispensable à une bonne prestation de dératisation.

Les rongeurs

Les rats

Riche de 56 espèces dans le monde, ce genre est représenté en Europe par le rat noir (Rattus rattus) et le rat surmulot (Rattus norvegicus) : ce sont les plus grands Murinés européens (ci-dessus, dessin J. Aubry).

Le genre Rattus (Fisher, 1803)

Le rat noir est un rongeur de taille un peu plus faible que celle du rat surmulot. Il s'en distingue particulièrement par les dimensions relatives de la queue, toujours plus longue que la dimension tête et corps. Le nombre des anneaux de la queue atteint 200 à 260. Il possède également une tête plus fine, un museau plus pointu, des oreilles plus longues et plus ou moins glabres, des pieds plus courts, des poils plus longs et une fourrure plus brillante que le rat surmulot. La femelle possède 10 mamelles.

Trois formes, basées sur la coloration, sont régulièrement rencontrées, mais tous les intermédiaires existent : à ventre blanc (morphefrugivorus), à ventre gris (morphe alexandrinus), mélanique de couleur noire (morphe rattus). Chez le rat surmulot, le dos est gris-brun et le ventre plus clair, généralement blanc sale. La queue (160-190 anneaux) est toujours plus courte que la longueur tête et corps.

C'est ce caractère qui, dans la nature, est le plus aisé à utiliser pour le différencier du rat noir. La femelle possède 12 mamelles, rarement 10. La mutation albinos est utilisée comme animal de laboratoire.

La forme du crâne permet de bien distinguer les deux espèces, même sur des exemplaires incomplets.

Les contours des os sont très anguleux chez le rat surmulot, plutôt arrondis chez le rat noir.

La distinction s'effectue également en crâniométrie par l'examen des lamelles dentaires des première et deuxième molaires supérieures.

Extrait du livre "Les rongeurs de France" - H. Le Louarn, J P Quéré - Editions INRA

Le rat noir

Rattus rattus (Linnaeus, 1758)

Le rat noir occupe toute la France, y compris la Corse. Native de la péninsule indienne, cette espèce s'est répandue dans le monde entier, depuis les dernières glaciations à la faveur des activités humaines. Après une extension dans toute l'Europe de l'Ouest, elle est actuellement surtout abondante en région méditerranéenne. Dans les îles Britanniques, ses populations ont aussi fortement décliné et sa présence est limitée aux ports et à quelques îles.

Le rat noir est arboricole d'origine. Dans sa forme commensale, il occupait par le passé les toits en chaume. Bon grimpeur, il s'établit aujourd'hui dans les combles, laissant les parties basses et humides au Rat surmulot, du fait de la compétition interspécifique entre ces deux espèces. C'est aussi le rat des navires (90% des rats trouvés sur les bateaux étaient des rats noirs), qui au temps de la marine en bois, le transportèrent dans tous les ports du monde. Il fréquente également les meules, les entrepôts. Son biotope « naturel » peut être observé dans la zone méditerranéenne : à l'état sauvage, il y est lié aux zones forestières, surtout à la forêt de feuillus, et mène une vie essentiellement arboricole. En Provence, le gradient d'occupation suivant est observé du bord de mer vers la montagne :

  • une frange littorale (température moyenne annuelle entre 14 et 16 0C) où l'espèce est partout présente et localement abondante (pinèdes),
  • une large zone intérieure (température moyenne annuelle entre 11 et 14 0C) où elle est rare et localisée,
  • la zone préalpine (température moyenne annuelle inférieure à 11 0C), où elle est exclusivement commensale.

Le rat noir construit un gros nid sphérique, formé d'un assemblage de débris végétaux, à plusieurs mètres de hauteur. Dans les constructions, il s'abrite dans un recoin obscur des combles. Il fréquente peu les zones humides (il ne nage pas volontiers), au contraire de l'autre espèce.

Dans la nature, les densités atteignent 52 individus par hectare dans la Sierra Leone, mais sont habituellement dix fois plus faibles, comme celles observées en Corse ou sur l'île de Port-Cros.

L'activité est principalement nocturne et le rat noir défend un territoire. Des moyens variés de communication établissent une hiérarchie, au sein d'un groupe bien structuré. Les femelles s'occupent des jeunes et défendent aussi le territoire, notamment vis-à-vis des autres femelles. Des distances de déplacements de moins de 100 m ont été mises en évidence par captures - recaptures.

Le régime alimentaire comprend surtout des aliments d'origine végétale. Les populations sauvages se nourrissent de fruits, graines, bourgeons et y ajoutent parfois des invertébrés (arthropodes, myriapodes, gastéropodes) et même de petits vertébrés. Sur les îles méditerranéennes, le rat noir peut devenir carnivore et causer des dégâts sur les populations d'oiseaux.

Les prédateurs naturels sont surtout efficaces contre les juvéniles, car les adultes, courageux et agressifs en même temps que circonspects, déjouent souvent les attaques des prédateurs et évitent les pièges posés par l'homme. Cependant, ils sont moins agressifs et plus faciles à capturer que les rats surmulots. De plus, commensal et de mœurs arboricoles, le rat noir n'est consommé que par peu de rapaces nocturnes (Chouette hulotte, Hibou grand-duc (Bubo Bubo)). Dominé par le rat surmulot en cas de cohabitation, il se retrouve en concurrence avec le lérot, voire l'écureuil roux en milieu forestier. Les chiens de type «ratier» peuvent les limiter dans les habitations.

Distribution du Rat noir (Rattus rattus) en Europe.

 La reproduction est saisonnière dans la nature (mi-mars à mi-novembre), mais peut se poursuivre toute l'année, dans les constructions où les populations commensales trouvent abri et nourriture. La durée de gestation est de 21 jours. Il peut y avoir 3 à 5 portées par an dans la nature et parfois 10 nouveau-nés, dont en moyenne 5 à 7 survivent. Dans les petites îles méditerranéennes, les populations sont moins fécondes, elles le sont plus dans les groupes commensaux.

Les populations insulaires

Le rat noir est très répandu dans les îles méditerranéennes et peut même être la seule espèce de rongeur, occupant les plus petites d'entre elles. Les populations montrent alors un certain nombre de caractères précis, un élargissement de la niche écologique, surtout au niveau de l'utilisation de l'habitat. Les rats, plutôt arboricoles sur le continent et en Corse, deviennent plutôt terrestres en particulier dans les petites îles, probablement parce que la prédation y est réduite :

  • le régime alimentaire est plus varié,
  • du fait des fortes densités souvent rencontrées, l'activité des individus est plus étalée sur le nycthémère, et en partie diurne,
  • pour la même raison, on note une diminution de l'agressivité et donc des interactions agonistiques au sein de la population.

Cet ensemble de particularités, passant par la tolérance entre individus et par une meilleure utilisation des ressources, (et un apprentissage plus rapide, les individus étant moins enfermés dans un groupe) permet une augmentation notable de la densité des populations insulaires.

Le rat noir fut le «rat pesteux » du Moyen-Age. Avec les progrès de l'hygiène, l'emploi des raticides, le développement des constructions en béton, et du fait de la compétition avec le rat surmulot depuis son arrivée au XVIIIe siècle, sa présence se fait plus discrète en Europe occidentale, bien qu'il puisse être localement abondant (poulaillers, porcheries, bergeries).

Extrait du livre "Les rongeurs de France" - H. Le Louarn, J P Quéré - Editions INRA

Le rat surmulot

Rattus norvegicus (Linnaeus,1766)

Le rat surmulot, appelé aussi rat d'égout ou rat brun, se rencontre dans toute la France. C'est un colonisateur relativement récent (XVIIIe siècle).

Il est bien difficile de décrire le ou les biotopes préférentiels du rat surmulot. Il est en effet ubiquiste, et on peut le trouver à peu près partout, pour peu que le biotope présente une certaine humidité puisqu'il est terrestre et aquatique. Toutefois, c'est aussi un commensal de l'homme dont il colonise les habitations. Depuis le début de l'ère du béton, il est moins fréquent dans les habitations. On l'y trouve pourtant encore dans les caves et les réseaux d'égouts, en plein Paris. Il colonise également les habitations rurales, les paillers et peut aussi vivre complètement indépendant, en plein air. C'est ainsi qu'on le trouve fréquemment le long des rivages marins, dans les estuaires et près des berges, des cours d'eau et des lacs. Il s'y creuse des refuges souterrains mais un nid peut être trouvé au sol. Celui-ci est pourtant le plus souvent souterrain ou abrité dans l'angle d'une construction, dans un tas de bois ou de fourrage. Les terriers sont creusés le plus souvent sous le sol des constructions granges, étables, entrepôts, en profitant du point d'appui apporté par les murs. Ils sont très ramifiés, pourvus de plusieurs chambres d'habitation et de magasins de nourriture. Certaines galeries se terminent en cul-de-sac, mais il existe toujours de nombreuses sorties. Le terrier est creusé à une profondeur de 30-40 centimètres et les sorties débouchent particulièrement au voisinage des bâtiments (69 %), moins à l'intérieur de ceux-ci. Le nid est garni d'herbes, de fibres végétales, de paille, voire de papier.

Le rat surmulot est sédentaire, pour peu qu'il dispose de sources de nourriture suffisantes et d'accès facile. La taille des domaines vitaux autour des exploitations agricoles est en fonction du sexe (ils sont plus grands chez les mâles), du stade de développement des cultures (plus grands avant récoltes, mais plus petits après par stratégie anti-prédatrice) et de la disponibilité alimentaire. Ainsi, des déplacements moyens de 600 m pour les mâles et de 340 m pour les femelles, ont été notés dans des parcelles cultivées. Ces déplacements se réduiraient à quelques dizaines de mètres en milieu urbain. Comme ceux du rat noir, ils sont fonction de la disponibilité alimentaire et du milieu occupé. Il est susceptible d'effectuer des excursions hors de son domaine vital, sur plusieurs kilomètres.

Lorsque les ressources alimentaires sont abondantes, les rats forment des groupes comprenant de nombreux mâles et femelles qui défendent un territoire. Lorsqu'elles se raréfient, il ne reste qu'un mâle dominant avec plusieurs femelles. Le sens de l'odorat, très développé, est un des facteurs essentiels de la vie sociale. Il permet les reconnaissances individuelles. Les communications acoustiques sont également bien utilisées sous forme de cris audibles et d'ultrasons. Il pépie ou siffle en cas d'attaque, pousse des cris aigus faisant fuir ses congénères en cas d'approche d'un prédateur. Des ultrasons ponctuent les bagarres et les copulations, ils sont également utilisés par les jeunes pour stimuler la production de lait de la mère

Les rats surmulots sont nocturnes mais peuvent également présenter une faible activité diurne, dans le cas d'une forte densité. En fait, les individus dominants dans la hiérarchie sont surtout nocturnes et ce sont les animaux de rang faible qui, ne pouvant se présenter aux sources de nourriture qu'en l'absence des rats de rang élevé, manifestent une activité diurne. Les horaires individuels peuvent être ainsi complètement inversés. Les rats albinos de laboratoire ont un rythme d'activité tout à fait perturbé.

  Répartition du Rat surmulot (Rattus norvegicus) en Europe de l'Ouest.

L'alimentation est très variée et les rats surmulots peuvent dévorer et aussi souiller de leur urine et de leurs crottes tout ce qui se présente. Toutefois, ils sont plus volontiers carnivores que le rat noir. Le rat surmulot mange des graines ou des légumes dans les silos, de la paille et du blé dans les meules, de la viande dans les entrepôts frigorifiques, bref tout ce qui est mangeable dans le voisinage de l'homme. Il n'épargne ni le papier ni la laine. Dans la nature, son régime serait plus volontiers carnivore et pille les nids des oiseaux couvant à terre. Si les rats surmulots envahissent une île en réserve ornithologique, tout disparaît œufs, oisillons et même adultes, les crustacés sont mangés le long des rivages, les poissons sur les berges et aussi les petits mammifères sauvages. On estime actuellement qu'il serait responsable de la disparition d'une vingtaine d'espèces d'oiseaux dans le monde. Sur les rives du Pô, gastéropodes et bivalves peuvent intervenir pour 10 % dans la ration alimentaire.

Les mollusques sont capturés en plongée, puis ramenés et consommés sous les abris de végétation. Ces sites de pêche sont probablement des lieux d'échanges d'informations sociales et alimentaires et d'apprentissage interindividuels. Dans les élevages, les rats surmulots peuvent s'attaquer aux porcelets, aux agneaux et on cite même le cas d'éléphants, qui furent attaqués dans un jardin zoologique et dont les blessures aux pattes, infectées, entraînèrent la mort. Les jeunes enfants même ne seraient pas à l'abri de leurs attaques. À New York par exemple, plus de 500 personnes par an étaient mordues dans les années soixante et encore plus de 200 personnes au début des années quatre-vingts. Les victimes de ces morsures sont surtout des sans domicile fixe, diabétiques ou alcooliques, du fait de l'insensibilité de leurs extrémités. Le rat surmulot fait des provisions et ses crottes sont de taille relativement grande (une dizaine de millimètres), de couleur et de consistance variant avec le régime.

Le comportement agressif de ce rongeur fait souvent reculer les prédateurs. Les chiens et chats domestiques n'en détruisent que peu et seulement des jeunes. Les adultes sont sans doute trop difficiles à maîtriser. Les rapaces en capturent quelques-uns, surtout des jeunes également. Les renards et putois ont fréquemment remplacé les lapins par les rats depuis l'épizootie de myxomatose. Une telle prédation n'est pourtant que peu de chose et un équilibre ne saurait s'établir, surtout étant donné le petit nombre de rapaces et de carnivores sauvages efficaces à l'encontre de cette espèce. L'Homme a donc dû se préoccuper des pullulations de rats et chercher à les détruire.

Lorsque les conditions du milieu sont favorables, l'abri assuré et la nourriture abondante, les rats surmulots peuvent se reproduire pratiquement toute l'année, comme c'est le cas pour les populations commensales ou de laboratoire. Cependant, dans la nature, l'activité sexuelle ne se manifeste qu'au printemps, en été et en automne. On trouve un maximum de femelles gestantes au printemps et un second à l'automne. La maturité sexuelle est atteinte très tôt entre 50 et 60 jours. La durée de gestation est de 22 jours. Le nombre moyen d'embryons se situe entre 7 et 8 et le nombre de portées est très variable. On en compte généralement 3 à 5 dans la nature, mais en captivité ce nombre est largement dépassé. Les jeunes sont nidicoles, leurs yeux s'ouvrent à 15 jours et le nid est abandonné à 22 jours. Si la mère vient à mourir pendant l'allaitement, il n'est pas rare de voir une autre femelle élevant sa portée dans le même nid, adopter les jeunes et les nourrir avec les siens. L'espérance de vie est très courte et la grande majorité des rats surmulots ne dépassent pas 1 an.

Une curiosité de la reproduction mérite d'être notée. On a plusieurs fois signalé l'existence de «Rois des Rats». Ce sont des groupes de quelques individus du même âge, qui sont reliés par la queue. Celles-ci sont soudées les unes aux autres suivant un processus qui n'a pas été encore tout à fait élucidé mais qui est peut-être lié au grand nombre de jeunes coexistant dans le même nid souvent souillé et humide. Les individus se développent normalement et souvent survivent un certain temps. Ce phénomène n'est pas propre au rat surmulot, on le rencontre également chez le rat noir, la souris, le mulot et quelques cas ont été cités chez d'autres rongeurs à queue longue.

La lutte contre le rat surmulot a été motivée non seulement par les dégâts causés aux denrées stockées, mais aussi par son rôle en pathologie humaine.

Extrait du livre "Les rongeurs de France" - H. Le Louarn, J P Quéré - Editions INRA

La souris domestique

Mus musculus domesdcus (Linnaeus, 758)

La souris domestique habite toute la France, y compris la Corse et les îles de l'Atlantique. C'est un petit rongeur bien connu, un peu plus petit que le mulot sylvestre. Les yeux sont moins saillants et les oreilles proportionnellement moins longues. La queue est munie de rares poils clairsemés et très fins qui laissent voir les anneaux écailleux (150 à 205). Les souris ne pratiquent pas l'autotomie caudale. Les pieds postérieurs ne sont pas aussi allongés par rapport aux antérieurs que chez le mulot sylvestre.

La souris domestique est une espèce principalement commensale (ou d'intérieur), c'est à dire qu'elle trouve son gîte et son couvert tout au long de l'année dans des habitats liés aux activités humaines. Certaines populations vivent toujours en extérieur dans le Sud de la France, c'est la forme sauvage (ou d'extérieur).

Les souris domestiques circulent dans les constructions, les sols, les meules de céréales, les entrepôts. Elles creusent généralement des terriers peu sophistiqués et peuvent s'abriter un peu n'importe où et, au lieu de faire des provisions, s'installent au centre des réserves humaines de nourriture. On a même trouvé des nids de souris habités, à l'intérieur de viandes congelées ! La mécanisation de l'agriculture, avec comme conséquence la disparition des meules, a détruit un de leurs habitats extérieurs préférentiels. Il s'agit, dans ce cas-là, de populations qualifiées de « semi-commensales », qui peuvent s'installer à l'extérieur des bâtiments, dans les céréales par exemple, durant la belle saison pour y revenir en fin d'été. De même, les édifices de béton ne leur sont pas aussi favorables que les constructions classiques.

Les souris vivent en groupes familiaux. L'intolérance intraspécifique est faible à l'intérieur du groupe, mais il s'établit une hiérarchisation aussi bien des mâles que des femelles. En revanche, l'agressivité est nette vis-à-vis d'intrus appartenant à d'autres groupes. L'odeur de l'urine, abondamment répandue sur le domaine fréquenté, joue un rôle important dans la vie sociale.

L'activité est nocturne. Toutefois, on remarque souvent des pointes d'activité tout au long du nycthémère avec un maximum de mouvements en fin d'après-midi.

Cette espèce est omnivore. Le régime alimentaire se compose de tout ce qui se mange et même de substances très indigestes, telles que du savon ou de la paraffine (chandelles). Si l'on y ajoute les matériaux subtilisés pour la confection des nids (papiers, vêtements), ces rongeurs sont de grands destructeurs. En outre, ils souillent de leurs urines et de leurs crottes bien plus qu'ils ne consomment. Les crottes sont de petite taille (2-3 mm), allongées et de couleur foncée.

A l'intérieur des bâtiments, les prédateurs naturels des souris domestiques ne sont pas très nombreux. Les chats et les chiens en tuent un certain nombre, mais ne suffisent pas à limiter les populations et la Chouette effraie chasse plus volontiers en terrain découvert que ne fréquentent pas les populations strictement commensales. Les différentes préparations utilisées pour se débarrasser des ravageurs, rendent de bons services mais mieux vaut se protéger de l'arrivée des souris en ne laissant à leur disposition ni abri, ni nourriture, plutôt que d'essayer ensuite de s'en débarrasser.

En extérieur, les prédateurs des populations « semi-commensales » sont les petits carnivores et les rapaces. En France, la proportion de souris trouvée à l'analyse des pelotes de Chouette effraie, est plus importante dans le Sud que dans les plaines du Nord. Ce phénomène est dû à l'augmentation vers le sud des populations sauvages, mais aussi aux confusions avec la souris à queue courte.

La très grande plasticité de ce rongeur se manifeste par l'adaptation de la reproduction aux différents milieux colonisés. Si le milieu et les conditions sont favorables, les souris peuvent se reproduire pendant presque toute l'année, mais en faible intensité durant l'hiver. Le nombre des embryons par portée est également variable : en moyenne il est compris entre 5 et 7, suivant les auteurs et l'origine des populations. Le taux de reproduction est donc assez élevé. Toutefois, il existe une régulation interne de la densité des populations. Lorsque les souris deviennent trop nombreuses, on observe une fécondité plus faible, la taille des portées est réduite, le nombre des embryons qui avortent s'accroit et les émigrants sont également plus nombreux. On attribue généralement ce phénomène à une castration graisseuse des adultes trop bien nourris mais, en fait, dans certains cas ce sont les jeunes femelles n'ayant pas encore terminé leur croissance, qui ne manifestent aucune activité sexuelle et conservent un tractus génital au repos total. Il y a là un phénomène de régulation sociale. Les jeunes sont nidicoles et pèsent environ 2 grammes à la naissance, ouvrent les yeux à 13 jours, commencent à se nourrir indépendamment à 17 jours, mais l'allaitement partiel se poursuit jusqu'à la 4e semaine.

Les souris domestiques commensales sont capables de grands déplacements entre fermes, sur des distances supérieures à 500 mètres. Dans les exploitations agricoles où les domaines vitaux sont de taille modeste, les déplacements restent faibles sauf d'un bâtiment à un autre. Les densités, difficiles à évaluer dans les habitats anthropisés, peuvent être importantes surtout dans des exploitations agricoles très spécialisées  : porcheries, poulaillers.

L'espèce est combattue, non seulement à cause des denrées détruites ou rendues inutilisables, mais encore à cause des maladies qu'elle peut transmettre. De nombreuses campagnes de « dératisation » lui sont consacrées.

Extrait du livre "Les rongeurs de France" - H. Le Louarn, J P Quéré - Editions INRA

Le mulot sylvestre

Apodemus sylvaticus (Linnaeus, 1758)

Ubiquiste en Europe, le mulot sylvestre, appelé parfois mulot gris, occupe toute la France, y compris la Corse. En montagne, il fréquente encore les alpages parsemés de buissons, au-dessus de la limite supérieure de la forêt. Il atteint donc 2 000 à 2 500 mètres d'altitude dans les Alpes et on le trouve dans la plupart des îles atlantiques. Il occupe l'île de Houat au large des côtes du Morbihan, mais manque sur l'île Hoèdic, très voisine.

Le mulot sylvestre est un petit rongeur au museau pointu, nettement plus grand et plus clair qu'une souris. Il est caractérisé par le développement du pavillon des oreilles et la taille des pieds postérieurs, nettement plus longs que les antérieurs. Les yeux sont gros et saillants. La queue est longue et pourvue de poils courts, ce qui le distingue de la souris domestique dont la queue est glabre. En outre, celle-ci est souvent tronquée (autotomie caudale). Le nombre des anneaux de la queue est en moyenne de 143 (120-170). La coloration, assez variable, va du gris au beige sur le dos. Les flancs sont légèrement plus clairs et le ventre n'est jamais totalement blanc.

Il existe le plus souvent, une tache pectorale de couleur fauve et de forme variable, mais ne dessinant pas un collier complet. Des écotypes, distingués par les couleurs du pelage et certaines mensurations, n'ont aucun statut de sous-espèce. Cette espèce présente une relation significative entre le poids somatique et la latitude. Ainsi, les animaux passent progressivement de 18-20 g au nord, à 30 g au sud de leur distribution. Le phénomène de gigantisme des populations insulaires, de règle chez cette espèce, est une réponse adaptative aux conditions locales.

D'une plasticité remarquable, c'est une espèce pionnière. On la trouve partout, ou peu s'en faut. Le mulot sylvestre fréquente tous les biotopes qui ne sont pas totalement dépourvus de végétation herbacée parsemée de buissons, mais il est aussi à son aise dans les forêts de feuillus à sous-bois dense, que dans les champs de céréales sur pied, les prairies ou les talus plantés du bocage. Il est cependant absent ou rare, dans les forêts de conifères dépourvus de sous-bois. Il n'est pas rare de le rencontrer dans les habitations en hiver et au printemps, mais dès le retour de la belle saison, les mulots quittent les constructions pour s'établir en plein air, surtout si la nourriture commence à manquer dans les bâtiments.
Le terrier n'est pas très profond : il est de formes et de dimensions très variables (jusqu'à 2,5 m de longueur). Les mulots sylvestres y accumulent dans des chambres spéciales, des provisions, mais semblent peu les utiliser. La chambre est de forme ovale (15 cm de long) et tapissée de matériaux divers (feuilles, mousses...). Ces terriers ont de deux à six entrées, s'ouvrant généralement sous un buisson touffu ou même à l'abri d'une pierre. Ces rongeurs peuvent aussi occuper un terrier abandonné de campagnol, un trou entre deux racines. Excellents grimpeurs, ils occupent les nichoirs à oiseaux. Toutefois, lorsqu'ils sont surpris, ils ne cherchent pas refuge dans un arbre mais se coulent dans la première galerie venue.

Le domaine vital est de dimensions variables (300 à 10 000 m2), en moyenne de 1 000 à 2 000 m2. Ces dimensions sont en fonction des habitats et par conséquent de la disponibilité des ressources alimentaires. Il est plus grand chez les mâles. Des « excursions» à plus grande distance sont fréquentes (> 1 km) et sont souvent le fait d'individus non sédentarisés en phase de dispersion. Ce comportement explique la facilité des retours au gîte, après un déplacement provoqué. Caractérisée par de grands yeux saillants et de grandes oreilles, cette espèce est adaptée à la vie nocturne. Le maximum d'activités s'effectuent dès le coucher du soleil. Une seconde période importante apparaît avant l'aube et entre les deux, il y a plusieurs bouffées d'activités plus irrégulièrement réparties. Mais le rythme est en fonction de la saison, de la disponibilité alimentaire, du sexe, de l'activité sexuelle. Les mulots n'ont que peu de cheminements fixes : ils sont capables d'explorer le moindre centimètre carré de leur domaine.

Cette espèce est granivore, voire omnivore, et adaptée à une alimentation hautement assimilable à faible teneur en cellulose. Mais sa morphologie intestinale, lui permet de réagir aux variations des ressources alimentaires suivant la saison et l'habitat. À l'occasion, le mulot sylvestre devient carnivore. La partie végétale de son alimentation est surtout composée de graines (jusqu'à 70 % environ, en poids). Ce sont les graines du tapis herbacé et des arbustes, des baies de rosacées dans les haies et les taillis. Les fructifications des mousses sont activement recherchées, du fait de leurs richesses en lipides. Ils mangent des glands et des faines tout au long de l'hiver et lors de leur germination. Il y a beaucoup de baies dans les estomacs analysés en septembre. Les invertébrés font partie du régime du printemps et de l'été et la nourriture d'origine animale peut dépasser 20 % du poids total (escargots, lombrics, insectes...). Les mulots acceptent volontiers les insectes (orthoptères) en captivité, et se délectent apparemment de larves de Ténébrion, qu'ils dévorent en les tenant entre leurs membres antérieurs. Ils sont alors assis sur leur arrière-train et semblent sucer un sucre d'orge. Ils laissent soigneusement de côté la chitine et ne consomment que la chair. Les crottes ressemblent à celles des souris domestiques, mais sont un peu plus grandes et plus claires.

Les prédateurs naturels sont les carnivores et les rapaces. Toutefois le mulot sylvestre, très agile, s'échappe facilement, d'autant plus que l'autotomie caudale lui permet de laisser un fourreau de poils de la queue dans les dents d'un agresseur et de s'enfuir. Les rapaces nocturnes en capturent relativement peu : d'une part les mulots circulent peu à découvert et d'autre part les campagnols représentent une biomasse beaucoup plus importante. Les mulots constituent la base du régime alimentaire des Genettes. Ce viverridé fréquente surtout les biotopes où les mulots sont nombreux et semblent s'être spécialisés sur cette espèce. Les vipères détruisent les portées au nid.

Le mulot sylvestre peut se reproduire toute l'année en Europe occidentale, où de nombreux cas de reproduction continue sont signalés. Il semble que l'activité sexuelle au cours de l'hiver soit en grande partie sous la dépendance de facteurs nutritionnels. En année normale, les naissances se produisent principalement, entre février et juin et entre août et novembre. En région méditerranéenne le cycle est inversé. La portée comprend le plus souvent de 4 à 5 jeunes (2 à 9). Le taux de reproduction par femelle semble assez faible pour les reproductrices de printemps et élevé pour celles d'automne.

Les observations réalisées en élevage montrent que la durée de gestation est de 20 jours, l'intervalle moyen entre deux mises bas est de 27 jours et le nombre moyen de jeunes à la naissance de 4,1. Le nombre moyen des jeunes sevrés par portée est de 3,7. Les jeunes sont nidicoles et pèsent un peu plus de 2 grammes à la naissance. Les yeux s'ouvrent le 13e jour et le sevrage se produit entre 18 et 21 jours. Les jeunes nés au printemps, peuvent se reproduire à l'automne qui suit leur naissance. Ceux des portées d'automne n'atteindront leur maturité sexuelle qu'au printemps de l'année suivante.

Les fluctuations locales ou régionales de la densité de la population des mulots sont parfois si grandes et si paradoxales, (augmentation de la densité en l'absence de reproduction) que l'hypothèse de mouvements de populations d'une grande ampleur a été avancée. Elle paraît vérifiée pour certaines zones de plaines ouvertes, où la densité augmente brutalement à l'automne sans raison locale. En forêt, des déplacements, (parfois décelables par des piégeages suffisamment étendus) permettent aux mulots de fréquenter les parcelles les plus favorables à la saison considérée. En fait, des mouvements de population s'effectuent en liaison avec l'exploitation des ressources. En zone bocagère, on constate ainsi un abandon partiel des haies du printemps à l'été, pendant l'exploitation des parcelles cultivées, puis un retour massif a lieu durant l'automne après la récolte. Le maïs étant la dernière céréale récoltée, on constate souvent de très fortes densités en hiver, dans les haies bordant ces cultures.

Les densités les plus faibles sont rarement inférieures à 1 individu par hectare, les plus fortes atteignent 50 à 100 individus par hectare. Le mulot sylvestre entre en compétition avec le Campagnol roussâtre. Cette compétition tourne plutôt à son avantage. Quand les ressources sont suffisantes et les densités peu élevées, les deux espèces vivent en sympathie et se répartissent l'espace. Plusieurs auteurs suggèrent d'ailleurs aujourd'hui que la distribution spatiale et la dynamique de population des rongeurs forestiers sont plus régulées par la compétition intra spécifique qu'interspécifique.

Par la consommation de semences forestières, le mulot sylvestre peut compromettre la régénération de certaines parcelles. En revanche, il participe à la mycorhization des arbustes en ingérant les champignons et en rejetant les spores dans les fèces au pied des jeunes arbustes. Inversement, l'homme a peu d'influence directe sur lui. Il le détruit dans les habitations comme les souris. Dans la nature, le terrier n'étant généralement pas en plein champ, cette espèce n'est pas affectée par les labours qui bouleversent les nids des rongeurs et détruisent les portées.

Nullement menacé, c'est probablement l'un des rongeurs les plus communs en France.

Extrait du livre "Les rongeurs de France" - H. Le Louarn, J P Quéré - Editions INRA